Si vous avez acheté une voiture neuve ces six derniers mois, vous connaissez ce rituel humiliant. Vous montez à bord, vous démarrez, et avant même de passer la première, vous devez naviguer dans trois sous-menus de l’écran tactile pour désactiver les aides à la conduite.
Bienvenue dans l’ère de l’ISA (Intelligent Speed Assistance). Sous couvert de sécurité routière, l’Union Européenne a transformé nos habitacles en cockpits anxiogènes. En 2026, la technologie ne nous aide plus, elle nous surveille et nous punit.
1. La mémoire du poisson rouge
La réglementation GSR2 (General Safety Regulation) impose que l’alerte de survitesse se réactive à chaque démarrage.
- Le constat : Vous avez beau désactiver le système pour ne pas être harcelé parce que vous roulez à 81 km/h au lieu de 80, le système reviendra à la charge au prochain arrêt.
- L’impact ergonomique : Les constructeurs, contraints par Bruxelles, ont caché le bouton « Off » au fond des menus. Résultat ? On passe plus de temps à regarder l’écran central pour faire taire la voiture qu’à regarder la route. Un comble pour la sécurité.
2. L’IA est aveugle (et dangereuse)
Le système repose sur la lecture des panneaux par caméra. Sauf que la technologie n’est pas fiable à 100 %.
- Le cas concret : Sur l’autoroute, votre voiture lit le panneau « 90 » de la voie de décélération alors que vous êtes sur la voie principale à 130.
- La conséquence : Le système hurle, ou pire, sur certains modèles électriques, coupe l’accélération ou freine brutalement (freinage fantôme). En 2026, on ne conduit plus en regardant la route, on conduit en surveillant les erreurs de sa propre voiture.
3. Le mouchard n’est plus un mythe
Au-delà de l’agacement sonore, il y a l’EDR (Event Data Recorder). Cette boîte noire est obligatoire et généralisée. Elle enregistre les données 5 secondes avant et 300 millisecondes après un choc. Vitesse, freinage, angle du volant, port de la ceinture.
- Ce qu’on ne vous dit pas : Si les assureurs jurent aujourd’hui ne pas y avoir accès pour fixer les primes, ils y ont accès en cas d’accident grave via une décision de justice.
- Le risque : Avoir roulé à 51 km/h au lieu de 50 pourrait devenir, grâce à ces données irréfutables, un motif d’exclusion de garantie. Vous payez pour le système qui servira à vous incriminer.
Le verdict Sous le Capot
L’année 2026 marque la rupture définitive entre la voiture « outil de liberté » et la voiture « outil de contrôle ». L’infantilisation du conducteur atteint son paroxysme. Paradoxalement, cette tyrannie électronique donne une valeur inestimable aux voitures d’avant 2022 (avant la norme GSR2). Elles sont moins sûres sur le papier, mais elles permettent encore au conducteur d’être seul maître à bord. Et ça, ça n’a pas de prix.


