Il y a trois ans, on vous promettait que la voiture électrique tiendrait sa cote mieux que le diesel. « Moins de pièces, moins d’entretien, durabilité record », disaient les brochures. En 2026, la réalité du marché de l’occasion est un bain de sang. Les propriétaires qui tentent de revendre leur modèle acheté en 2021 ou 2022 découvrent la violence de l’obsolescence technologique.
1. Le syndrome de l’iPhone
L’automobile est devenue un produit d’électronique grand public. Une voiture électrique de 5 ans n’est pas une « voiture d’occasion », c’est un « vieux smartphone ».
- La réalité technique : Qui veut acheter aujourd’hui une voiture qui charge à 100 kW, alors que la moindre citadine neuve de 2026 encaisse 150 kW ?
- La conséquence : Les modèles « pionniers » (ID.3 première génération, Zoé, vieilles Model 3) subissent une décote vertigineuse car leur technologie de batterie et de processeur est périmée. Elles ne sont pas usées, elles sont dépassées.
2. L’effet « Yoyo » des prix du neuf
C’est la double peine. Pour écouler leurs stocks, Tesla, MG et BYD ont passé l’année 2025 à casser les prix du neuf à coup de remises de 4 000 ou 5 000 €.
- Le mécanisme est implacable : Quand le prix du neuf baisse de 5 000 €, la cote de votre occasion baisse instantanément du même montant. Ceux qui ont acheté au prix fort en 2023 ont perdu 40 % de la valeur de leur auto en 24 mois. Aucun moteur thermique n’a jamais perdu autant aussi vite hors marques de luxe.
3. La peur de la batterie (SOH)
L’acheteur d’occasion a peur. Peur que la batterie lâche hors garantie. Malgré les certificats de santé batterie (SOH – State of Health), la méfiance règne. Une voiture affichant 120 000 km et 85 % de capacité batterie est quasi-invendable sans une garantie béton d’un professionnel. Le marché entre particuliers est à l’arrêt complet sur ce segment.
Le verdict Sous le Capot
L’époque où l’on achetait sa voiture pour la garder 10 ans est révolue avec l’électrique. Si vous achetez une électrique en 2026, ne l’achetez pas. Louez-la (LOA/LLD). Transférez le risque de la décote et de l’obsolescence technologique au constructeur ou à la banque. Acheter une batterie sur roues avec ses propres économies est aujourd’hui l’un des pires placements financiers possibles. La voiture est devenue un service, plus un patrimoine.


