Si vous possédez une allemande récente (Volkswagen, BMW) ou même certaines françaises modernes, ne regardez pas sous votre voiture, vous allez pleurer. La pièce la plus exposée de votre moteur, celle qui contient votre précieux « sang » (l’huile) et qui se trouve à 15 cm du bitume, n’est plus en acier ni en aluminium. Elle est en plastique. Du polyamide renforcé de fibre de verre, disent-ils. Du « plastoc » cassant, disons-nous. Pour gagner 2 kilos, les constructeurs ont sacrifié la seule armure de votre moteur.
1. La différence entre « Bosseler » et « Fissurer »
C’est de la physique de base.
- Avant (Acier/Alu) : Vous preniez une pierre ou un dos-d’âne un peu violent ? Le carter en métal se déformait. Il y avait une bosse. C’était moche, mais étanche. Vous pouviez rentrer chez vous.
- Aujourd’hui (Plastique composite) : Le plastique ne se déforme pas. Il casse. Au moindre choc violent sous la voiture, le carter se fend net. Résultat : Vidange instantanée sur l’autoroute. Si vous ne coupez pas le moteur dans les 10 secondes (le temps que le voyant rouge s’allume), votre moteur est serré. Mort. Tout ça pour un gravillon mal placé.
2. Le scandale du bouchon de vidange « Jetable »
Le pire se trouve lors de l’entretien. Sur ces carters en plastique, on ne peut pas visser un boulon en acier (ça foirerait le filetage plastique). Les ingénieurs ont donc inventé le bouchon quart-de-tour en plastique (très courant chez VAG). Ça ressemble à un jouet Kinder Surprise.
- Le problème : Ce bouchon est à usage unique. Il possède un joint torique spécifique. Si le mécanicien du dimanche ou le centre auto « rapide » remet l’ancien bouchon… ça fuit.
- Le vice : Si on le serre trop fort, on casse l’encoche du carter. Et là, ce n’est pas le bouchon à 5 € qu’il faut changer, c’est le carter complet (500 € de main-d’œuvre car il faut souvent tomber le berceau moteur).
3. La déformation thermique
Le plastique et la chaleur intense ne font pas bon ménage sur le long terme (10 ans +). On voit arriver dans les ateliers des carters qui se « voilent » légèrement avec les cycles de chauffe/refroidissement. Le plan de joint n’est plus plat. L’huile commence à suinter tout autour du moteur. Sur un carter alu, on démonte, on nettoie, on remet de la pâte à joint, on remonte. Sur un carter plastique déformé, c’est poubelle. Il faut acheter du neuf.
Le verdict Sous le Capot
Le carter plastique est une honte mécanique. C’est une réduction de coûts déguisée en allègement écologique. Notre conseil impératif : Vérifiez toujours que votre cache-moteur inférieur (la plaque de protection en plastique sous la voiture) est en parfait état et bien fixé. C’est désormais votre seule barrière contre la casse moteur. Si vous l’avez perdu, rachetez-en un immédiatement. Rouler « sans cache » avec un carter en plastique, c’est jouer à la roulette russe avec votre moteur.

