L’Alpine A390 GT : Un Supertest sous Scanner Impitoyable
Le ‘supertest’ de l’Alpine A390 GT, claironné par le marketing comme une révélation sur ses consommations et autonomies, exige de notre part une analyse froidement pragmatique. Car derrière les courbes lissées et les moyennes optimisées à grand renfort de cycle WLTP, la réalité des conditions de roulage usuelles diverge systématiquement et de manière alarmante. Il ne s’agit pas ici de vénérer la performance brute, mais de débusquer la capacité d’un constructeur à masquer les implications réelles d’une architecture mécanique sous le tapis de l’appellation ‘Propre’.
Consommation : L’Illusion des Chiffres ‘Mesurés’
Lorsque les ‘consommations mesurées’ sont brandies, l’ingénieur automobile averti s’interroge : selon quel protocole précis ? Car entre les conditions de laboratoire, déjà notoirement conciliantes, et une conduite dynamique réelle – celle que le propriétaire d’une Alpine est en droit d’attendre – l’écart peut se chiffrer en litres, impactant directement le portefeuille du puriste et la facture carbone globale. Une gestion électronique moteur trop permissive en mode sport peut transformer une efficience nominale en véritable gouffre énergétique. La surconsommation urbaine, souvent minimisée par des stratégies d’optimisation de l’injection directe en cycle mixte, met à rude épreuve le système de dépollution et la longévité des injecteurs et du catalyseur. Le rendement thermique n’est pas une variable linéaire ; il chute drastiquement hors de sa plage optimale, une vérité rarement mise en lumière.
Autonomie : Le Mirage Kilométrique d’une GT
L’autonomie, quant à elle, est un mirage savamment orchestré, surtout pour un véhicule estampillé GT, censé avaler les kilomètres sans la moindre angoisse. Une autonomie ‘mesurée’ peut être atteinte dans des conditions idéales de température ambiante, de dénivelé et avec un aérodynamisme optimisé, totalement déconnectée de l’usage quotidien. Les variations climatiques, l’utilisation forcée de la climatisation ou du chauffage, et surtout l’adoption d’une conduite ‘plaisir’ typique d’une Alpine, réduisent drastiquement le rayon d’action. La dégradation de la capacité des batteries (si véhicule hybride ou PHEV), ainsi que l’usure prématurée des cellules due aux cycles de charge/décharge intenses, sont des réalités rarement évoquées dans les communiqués édulcorés. Chaque coup de pédale plus appuyé, chaque sollicitation du turbocompresseur, rogne implacablement sur la promesse affichée.
Le Verdict Impitoyable : Alpine, à la Hauteur de ses Ambitions ou de son Marketing ?
L’Alpine A390 GT, malgré ses atours sportifs et ses prétentions écologiques, doit prouver sa pertinence non pas sur des chiffres de laboratoire, mais sur l’asphalte impitoyable et dans la durée. Notre scepticisme demeure entier : l’optimisation des rapports de boîte, la finesse aérodynamique des soubassements, ou même la sophistication de l’injection directe haute pression peuvent-ils réellement compenser les lois de la physique et les exigences d’une conduite enthousiaste ? Le risque est grand de voir un ‘supertest’ se muer en désillusion amère pour ceux qui croient encore aux miracles de l’ingénierie marketing et non à la réalité mécanique brute. Acheteurs, soyez avertis : le diable se cache toujours dans les détails du cycle d’homologation et de l’usure réelle des composants.

